Statements

La 61ème Session de la Commission des droits de l'homme

Allocution
de S.E. M. Doru COSTEA, Ambassadeur de la Roumanie,
au nom des pays francophones

Genève, avril 2005

Monsieur le Président,

J'ai le grand plaisir et privilège de parler au point 11 de l'ordre du jour au nom des pays ayant le français en partage. Nos pays suivent avec un vif intérêt les débats et les décisions au sujet de la démocratie ainsi que l'appel de la Commission des Droits de l'Homme quant à la coopération entre les Nations Unies et les organisations interrégionales dans la promotion des droits de l'Homme. C'est dans cet esprit que nous voudrions vous informer qu'au sein de la Francophonie nous avons aussi étudié les moyens de promouvoir d'une manière encore plus active la démocratie et les droits de l'Homme. Les ministres et les chefs de délégations des Etat et gouvernements des pays ayant en partage le français, réunis à Bamako pour les Symposium international sur le bilan des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l'espace francophone ont pris les suivants engagements :

  • Renforcer les capacités des institutions de l'Etat de droit, classiques ou nouvelles, et œuvrer en vue de les faire bénéficier de toute l'indépendance nécessaire à l'exercice impartial de leur mission;
  • Mettre en œuvre le principe de transparence comme règle de fonctionnement des institutions;
  • Généraliser et accroître la portée du contrôle, par des instances impartiales, sur tous les organes et institutions, ainsi que sur tous les établissements, publics ou privés, maniant des fonds publics;
  • Faire en sorte que les textes fondamentaux régissant la vie démocratique résultent d'un large consensus national, tout en étant conformes aux normes internationales, et soient l'objet d'une adaptation et d'une évaluation régulière;
  • Faire participer tous les partis politiques, tant de l'opposition que de la majorité, à la vie politique nationale, régionale et locale, conformément à la légalité, de manière à régler pacifiquement les conflits d'intérêts;
  • Favoriser la participation des citoyens à la vie publique en progressant dans la mise en place d'une démocratie locale, condition essentielle de l'approfondissement de la démocratie;
  • Reconnaître la place et faciliter l'implication constante de la société civile, y compris les ONG, les médias, les autorités morales traditionnelles, pour leur permettre d'exercer, dans l'intérêt collectif, leur rôle d'acteurs d'une vie politique équilibrée;
  • Développer l'esprit de tolérance et promouvoir la culture démocratique dans toutes ses dimensions, afin de sensibiliser, par l'éducation et la formation, les responsables publics, l'ensemble des acteurs de la vie politique et tous les citoyens aux exigences éthiques de la démocratie et des droits de l'Homme;
  • Favoriser, à cet effet, l'émergence de nouveaux partenariats entre initiatives publiques et privées, mobilisant tous les acteurs engagés pour la démocratie et les droits de l'Homme;
  • Ratifier les principaux instruments internationaux et régionaux relatifs aux droits de l'Homme, honorer et parfaire les engagements ainsi contractés, s'assurer de leur pleine mise en oeuvre et former tous ceux qui sont chargés de leur application effective;
  • Créer, généraliser et renforcer les institutions nationales, consultatives ou non, de promotion des droits de l'Homme et soutenir la création dans les administrations nationales de structures consacrées aux droits de l'Homme, ainsi que l'action des défenseurs des droits de l'Homme;
  • Intensifier la coopération entre l'OIF et les organisations internationales et régionales, développer la concertation en vue de la démocratisation des relations internationales, et soutenir, dans ce cadre, les initiatives qui visent à promouvoir la démocratie.

Monsieur le Président,

Lors de la réunion des Chefs d'État et de Gouvernement à Ouagadougou en novembre 2004, nos pays respectifs se sont engagés au plus haut niveau à veiller au respect et à l'application effective des textes adoptés par cette Commission et à coopérer pleinement avec ses rapporteurs spéciaux et ses groupes de travail. Nos pays ont également exprimé leur attachement au renforcement du rôle et des moyens du Haut Commissariat et leur volonté d'appuyer son action.

Je vous remercie de votre attention et je vous assure du soutien des pays ayant le français en partage, membres ou observateurs de la Commission des Droits de l'Hommes, au plein succès dans l'exercice de vos hautes responsabilités.


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