Statements

Le 289e session du Conseil d'administration du Bureau International du Travail

Point 16 de l'ordre du jour
Item 11: Civil and Political Rights

Allocution de S.E. M. Marian SARBU, Ministre du Travail de Roumanie,
délégué pour les relations avec les partenaires sociaux,
à l'occasion du débat sur le Rapport du Groupe de travail sur la dimension sociale de la mondialisation

Geneve, le 24 mars 2004

Votre Excellence Monsieur le Président de la Tanzanie,
Monsieur le Directeur Général du BIT
Monsieur le Président du Conseil d'Administration,
Distingués délégués,

La Roumanie s'est alignée à la déclaration de l'Union Européenne, en tant que pays candidat. Permettez-moi, quand même, d'ajouter quelques réflexions spécifiques d'un pays qui ressent tant les défis que les opportunités de la mondialisation.

Tout d'abord, je voudrais exprimer, au nom de mon gouvernement, les plus vives remerciements aux deux distingués co-présidents de la Commission Mondiale pour la Dimension Sociale de la Mondialisation, Son Excellence Madame Tarja Halonen, Président de la Finlande et Son Excellence M. Benjamin Mkapa, Président de la République de Tanzanie, qui s'est rendu parmi nous pour nous présenter son travail depuis que la Commission a été crée.

Une mondialisation juste…dit le Rapport, cela veut dire qu'à présent elle n'en est pas… D'un coté il y a plus de défis que d'opportunités, de l'autre il y a plus de bénéfices pour les uns que pour les autres… Comment faire pour atteindre l'équilibre, la " justesse ", par rapport à cette mondialisation controversée?…C'est une question que nous nous posons de plus en plus souvent, gouvernements, employés et employeurs, dont la réponse ne peut se trouver que dans une étroite coopération de nous tous…

A vrai dire, l'humanité a connu, au fil de l'histoire, plusieurs étapes de mondialisation, plus ou moins bénéfiques, plus ou moins étendues…Chaque étape a eu ses spécificités, mais on retrouve aussi des éléments communs : le besoin de trouver des nouveaux marchés, de libéraliser le commerce, de simplifier l'accès aux ressources nécessaires pour le développement économique. En même temps, les idées, les concepts, les systèmes philosophiques, ainsi que les modèles culturels, ont suivi le même parcours d'intégration et leur impacte a été, peut-être, plus significatif à long terme…

L'économie globale va, certainement, conduire à une société globale, qui réclame, à son tour, un projet politique global, capable de structurer des institutions et des règles de la mondialisation, d'imposer leur respect et de limiter les effets négatives du processus sur la société, sur l'environnement. Dans ce contexte, le modèle social européen pourrait devenir un point de repère pour la réduction des décalages économiques avant qu'ils ne deviennent une source de conflits et d'instabilité sur le plan international. Au niveau global, une cohérence accrue entre les actions et les visions des institutions du système multilatéral en ferait beaucoup pour atteindre l'équilibre et la justesse dont nous parlons aujourd'hui.

La Roumanie se trouve devant les mêmes espoirs et les mêmes craintes que n'importe quel pays. Mais malgré ces craintes, les facteurs de décision politique et économique ont choisi d'actionner pleinement pour d'utiliser toutes les opportunités offertes par le processus de la mondialisation, au but d'accélérer le développement et la modernisation de l'économie et de la société roumaines. En plan social, la lutte contre la pauvreté en est la priorité principale. Cela veut dire, premièrement, assurer un développement soutenu à notre pays, une croissance économique basée sur la performance et l'efficacité, l'augmentation des emplois et la diversification des activités économiques - y inclus le développement rural, l'augmentation des revenus et du pouvoir d'achat des citoyens, la création de nouvelles structures de solidarité sociale et l'élargissement de celles existantes.

Dans les dernières trois années, la Roumanie a réussi de maintenir un taux de croissance économique important, environ 5 pour cent, et aussi un des taux de chômage des plus bas en Europe Centrale - entre 7 et 8 pour cent, grâce à un développement économique soutenu par la réforme qui a attiré un volume d'investissements étrangers significatif, accompagné par la création de nouveaux emplois. Un élément d'une importance particulière à cet égard a été la mobilité de la main d'œuvre roumaine dans l'espace européen. Dans ce cadre, je tiens apporter hommage aux victimes de l'attentat de Madrid du 11 mars, dont partie étaient des travailleurs roumains, qui ont trouvé un sort injuste, puisqu'on parle de " justesse ", et à la fois tragique et barbare, au lieu de se réaliser un rêve, lié au bien-être de leurs familles. Nous sommes à côté de tous ceux qui souffrent encore suite à cette tragédie, premièrement du peuple espagnol.

C'est pour cela que nous devrions mettre tous nos espoirs et tous nos efforts dans la réalisation d'une mondialisation juste, équilibrée, au bénéfice de toute société et tout individu.

Pour conclure, je tiens à remercier Monsieur le Directeur Général pour nous avoir offert la possibilité de ce débat, tout en l'assurant du plein support et engagement de mon pays pour un suivi concret à donner à cette initiative.

Je vous remercie.

Back to statements