Allocution

de S.E. M. Adrian Nastase, Premier Ministre de la Roumanie

à l’inauguration de la « Salle roumaine » au Palais de Nattions

le 27 janvier 2003

 

 

 

 

Monsieur le Directeur général,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

 

 

De toute évidence, il est bien difficile à ajouter à la majesté du Palais des Nations, un  bâtiment chargé d’histoire et de symboles. L’architecture sobre et imposante reste un témoignage vivant des années 1920 et de l’académisme qui l’a inspirée. Quelques  corridors sont déjà presque galeries de beaux-arts, qui ne cessent pas de nous enchanter, quelque soit l’occasion d’y se retrouver. Par conséquent, qu’est-ce qu'il nous reste si nous voulons exprimer notre dévouement aux nobles buts de l’Organisation et enrichir, à la fois, par nos modestes moyens, la beauté du Palais ?

 

La réponse que nous avons trouvée est l’esprit. C’est vraiment une touche d’esprit qui a mené « les membres de la Société des Nations civilisées », comme si franchement le disaient les participants à la deuxième conférence de la Paix de Haye, en 1907, de créer une « association des Nations » animées par le désir de paix et résolues de coopérer afin que les Etats, grands et petits, vivent en entente et respect mutuel de leurs intérêts et spécificités. Il nous est donc possible d’ajouter toujours au génie qui fait du Palais de Nations un espace unique mais accessible, sobre bien qu’amical, le lieu de rencontre des grands défis qui marquent notre époque mais aussi des idées et des idéaux des illustres prédécesseurs qui l’ont avivé au fil des décennies.

 

Il vaut bien rappeler les mémorables mots que Giuseppe Motta, ancien président de la Confédération Helvétique prononça devant la première Assemblée générale de la Société des Nations en 1920 “La Société vivra parce qu’elle doit être une oeuvre de solidarité et d’amour”.

 

Ce sont justement la solidarité et l’amour vers le Palais des Nations et les valeurs qu’il incarne qui nous ont amenés, nous aussi, à rénover une “Salle roumaine”. C’est également notre désir de perpétuer l’inestimable variété de cultures, de races, de religions et de langues représentées  par les Nations Unies.

 

La Salle que nous ouvrons aujourd’hui se veut le porteur d’un message sincère de paix, de tolérance, de responsabilité et de participation de la part de la Roumanie. Nous voulons également révéler l’interférence profonde entre les traditions culturelles, les aspirations pacifiques du peuple roumain et la vocation d’universalité des Nations Unies, ainsi que leur profil de noblesse et de légitimité globale.

 

Il y a neuf mois, j’eus le privilège d’inaugurer, dans l’accueillant jardin du Palais, la statue de notre illustre compatriote, deux fois président de l’Assemblée de la Société de Nations, Nicolae Titulescu. Parfaitement accommodée maintenant dans le paysage verdoyant, le Diplomate a l’air de faire partie naturelle du Parc et d’avoir toujours appartenu à ce territoire tranquille, illuminé par les sommets enneigés des Alpes et rafraîchi par les eaux limpides du lac Léman, que tout le monde associe à l’atmosphère inimitable de la Genève internationale. Il paraît toutefois qu’il nous tient à l’œil  et qu’il nous dit qu’il faut veiller, sans cesse, que le devoir que nous devons tous accomplir, ici, au Palais, nous exige une attention permanente et des efforts sans failles.

 

A présent, la paix signifie encore plus qu’à l’époque de Nicolae Titulescu ou Giuseppe Motta. Les Nations Unies embrassent la totalité des préoccupations de l’humanité qui font l’objet d’interaction entre pays et peuples. L’Organisation représente plus que jamais les aspirations du bien commun de tous les continents. Elle est appelée d’être la flamme ardente qui maintient le dialogue et la recherche des compromis qui puissent remplir le vide menaçant de la confrontation. Les diplomates, eux, doivent servir par tous les moyens la paix et ses piliers. C’est dans ce sens  que je perçois l’ironie de Peter Ustinov, qui disait à propos de nos amis qui font un travail tellement important dans la famille des Nations Unies : «  Un diplomate, de nos jours, n’est qu’un maître d’hôtel qui a le droit de s’asseoir de temps à autre ».

 

Cette pensée me fait arriver tout de suite à la raison de cette rencontre.

 

Au nom du Gouvernement roumain, j’ai l’immense plaisir de redonner à l’usage public, cette salle que nous avons eu le privilège de rénover. Que les diplomates de tous azimuts s’assoient, de temps à autre, pour trouver la voie du compromis et de la paix, le langage qui satisfasse et qui conduise à la résolution des nombreux problèmes qu’ils en ont affaire, qu’il s’agisse des droits de l’homme ou du désarmement, de la coopération économique ou de la santé, de la propriété intellectuelle ou de l’environnement ! Que Dieu bénisse cette salle et donne l’inspiration nécessaire aux  diplomates qui l’utiliseront !

 

 

 

 

 

Monsieur le Directeur général,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

 

Je vous exprime mes plus vifs remerciements de votre présence ici au baptême de la « Salle roumaine ». Ma gratitude se dirige vers vous, Monsieur le Directeur général et vers vos collaborateurs, pour l’appui extrêmement précieux à ce projet, le professionnalisme et l’enthousiasme sans lesquels, la réussite n’aurait pas été possible. Je remercie aussi à mes collaborateurs à Bucarest, ainsi qu'à nos collègues de la Mission Permanente à Genève, de leur travail assidu qui a abouti à la ré-création d’un coin paisible qui invite au dialogue et à l’entente. Je vous souhaite le plus agréable et productif usage de cet endroit.

 

Je déclare ouverte la « Salle roumaine » au Palais des Nations.