Statements

SESSION DE FOND DE L'ECOSOC
Point 10 : Coopération régionale
Thème: "Mondialisation dans une perspective régionale"

ALLOCUTION
de M. Petru Dumitriu, Délégation de la Roumanie

GENEVE, LE 20 JUILLET 2001

Monsieur le Président, 

Ma délégation s’est associée à la déclaration présentée par la présidence de l’Union européenne et souscrit pleinement à ses conclusions.

L’ouverture des marchés, les dérégulations, les privatisations ne cessent d’élargir l’espace ouvert, économique et financier. Les technologies de l’information progressent de manière à faciliter des réactions d’adaptation plus rapides et plus nombreuses. Nous vivons une époque où l’isolation, l’opacité et le retrait derrière les murs ne sont plus possibles. La mondialisation signifie, entre autres, la mise en cause des structures totalitaires qui, pour des décennies, ont failli dans l’accomplissement de leurs promesses envers les peuples, en Europe Centrale et Orientale, en Amérique Latine, en Afrique ou ailleurs.

S’il y a pourtant des risques associés à la mondialisation, le plus important est que la mondialisation ne soit pas, paradoxalement, vraiment globale et que nombreux pays restent en dehors de ses bénéfices. Mais il ne faut pas se lamenter sur les risques sans avoir décidément suivi la dynamique de ce phénomène. Il faut admettre que les conquêtes des empires de la globalité sont réalisées par intelligence, créativité et l’usage efficace des ressources humaines.

Nous sommes inclinés parfois à accuser sans objectivité certains facteurs influents dans le processus global, en les décrivant comme des forces du mal.  Il mérite peut-être d’examiner les raisons qui les ont propulsés comme protagonistes de la mondialisation.

Les sociétés transnationales, par exemple, ont su développer des stratégies compréhensives, efficaces, dirigées vers des résultats concrets, ont appris à mobiliser énergies et ressources pour atteindre leurs buts. Les gouvernements pourraient faire des choses pareilles pour atteindre leurs objectifs de développement et de prospérité.

La coopération régionale peut être à la fois moteur et effet de la mondialisation. Dans le cadre régional,  les Etats peuvent eux-mêmes poursuivre des stratégies innovatrices pour améliorer l’emploi de leurs ressources et l’accès sur les marchés.

Les organisations régionales peuvent se transformer en parties composantes de la communauté globale. Dans l’exercice de régionalisation on retrouve les avantages de la mondialisation tout en diminuant ses risques. La construction régionale ne doit pas être vue, néanmoins, comme une tentative de se confronter en meilleure position avec des autres entités régionales, mais de mieux mettre en valeur les ressources, les intérêts et la volonté communes de tous les participants.

Les acteurs de la mondialisation et les acteurs locaux ne doivent pas se situer aux antipodes les uns des autres. La mondialisation et la régionalisation doivent se réaliser d’une manière compatible, c’est-à-dire en cherchant à concilier leurs intérêts.

Monsieur le président,

La Roumanie, pays avec ses propres aspirations d’intégration régionale et d’insertion active et avantageuse dans le processus de la mondialisation, participe pleinement à toutes les formes de coopération régionale, dans leur géométrie variable, qui offrent une diversité de possibilités d’interaction.

Il s’agit tout d’abord du projet de l’unification européenne, le plus audacieux projet politique, économique et sociale jamais conçu et mis en oeuvre.

D’une part, l’intégration européenne est l’une des plus complexes et efficaces réponses à la mondialisation. De l’autre, pour les pays en transition, comme le mien, le processus d’élargissement de l’Union européenne est une chance unique dans le contexte de notre effort de terminer avec succès l’expérience historique de transformation d’une société excessivement centralisée, dans une société ouverte, fondée sur les valeurs essentielles de la démocratie et de la liberté économique. En dépit de toutes les peines d’une transition prolongée, la solidité des valeurs politiques des démocraties européennes, le dynamisme économique de l’Union européenne, le sérieux du modèle social européen, ont représenté un catalyseur permanent des énergies internes  et ont stimulé une définition des intérêts nationaux fondamentaux autour de l’idée intégrative.

La Roumanie participe aussi à des autres projets de coopération régionale, qui réunissent une diversité de pays, dont la motivation est soit de nature géographique et économique, comme l’Organisation de Coopération Economique de la Mer Noire ou de nature politique et économique, comme le Pacte de Stabilité en Europe de sud-est. La même géométrie variable vise les problèmes que, en formes plus ou moins institutionnalisées,  font l’objet de l’intérêt réciproque.

Il faut mentionner à cet égard, le Sommet danubien - carpatique que Bucarest a organisé en avril dernier, qui a généré l’action concertée face aux défis graves concernant le développement durable et la protection du patrimoine naturel de la sous-région. Ou bien, le Forum inter - régional sur la gestion des crises et la prévention des conflits, organisé cette année avec l’appui du PNUD, qui a confronté les leçons tirées des crises dans la région balkanique avec l’expérience onusienne en Afrique ou Asie.

Un autre forum que la Roumanie a initié, la Conférence consultative régionale sur le trafic illégal d’êtres humains et l’immigration illégale, a examiné et suggéré des mesures au plan régional qui visent à combattre  un phénomène transfrontalier qui affecte, par l’intermédiaire des réseaux criminels, l’Asie Centrale et de sud ainsi que l’Europe orientale et occidentale.

L’année courante consacre aussi pour la Roumanie l’expérience unique et enrichissante de la présidence en exercice de l’Organisation pour la Coopération et la Sécurité en Europe, une synthèse spéciale des aspirations des pays situés sur deux continents. L’une de nos priorités a été le renforcement du dialogue avec les Nations Unies et la recherche des voies d’harmonisation et de complémentarité.

Par exemple, la Commission économique pour l’Europe a représenté un partenaire essentiel dans les débats du Forum Economique de l’OSCE, qui a réaffirmé, entre autres, une approche de sécurité compréhensive qui englobe les dimensions politico-militaire, humaine, économique et environnementale. Nous voudrions saisir l’occasion pour remercier vivement Mme Danuta Hubner de sa participation et son appui personnel à quelques unes de ces réunions.

Monsieur le président,

Cette énumération suggère la multitude de champs d’action au niveau régional et sous-régional. En outre, la diversité de sujets cités illustrent d’une manière claire que les problèmes associés à la mondialisation sont aussi globaux que régionaux. La coopération régionale peut devenir un laboratoire d’idées et d’actions communes et un test essentiel de compétence et volonté politique dans l’approche des défis d’envergure planétaire. Ces défis nous paraissent parfois menaçants, précisément parce que nous ne mettons pas en valeur le potentiel immense de la démocratie, de la participation, de la bonne gestion des affaires publiques, dans un climat international de stabilité, de coopération et de paix.


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