Statements

Ministerial Round Table on the subject of the mental health

Speech of Mrs. Daniela Bartos
The Minister for the Health and the Family of Romania

Geneva, May 15 2001

Mesdames et Messieurs les Ministres,
Chers collegues,

          Au debut de ma carière de medecin j’ai du faire un stage dans une clinique de psychiatrie. Je me rappelle que je devais discuter avec un pacient pour etablir son diagnostic. Une heure apres, je savais qu’il etait economiste dans une entreprise industrielle importante à l’époque, qu’il avait une grande responsabilité professionnelle, je savais des choses sur sa famille, mais rien sur sa souffrance ou les raisons pour lesquels il s’y trouvait. Tout ce que j’ai pu apprendre etait qu’il avait des maux de tete. Quand notre professeur est venu voir le malade a son tour, il lui a pose une seule question : « Pourquoi penses-tu que tu as des maux de tete ?" Et le pacient s’est lance dans un delire systematise comme dans les livres de psychiatrie, expliquant qu’il avait un coq dans la tete qui l’empechait de dormir toute la nuit. C’est alors que j’ai vraiement compris l’importance des services de sante mentale et combien il est important qu’il soient adequats.

          Un grand nombre de malades aux troubles mentaux vivent encore deriere des murs reels ou virtuels parce qu’il existe encore dans notre societe non seulement des prejuges et de l’intolerance, mais aussi des services inadequats.

          En Roumanie, apres les changements sociaux importants, les formes de violence, le chomage et la deterioration rapide des conditions economiques et de vie sont autant des facteurs qui menacent la sante mentale de la population.

          L’idee fondamentale du programme du gouvernement sur la protection de la sante est que les soins de sante sont un bien social collectif et qu’il faut assurer a tous un acces libre et equilibre aux services. La strategie appellee « Une Roumanie en plus bonne sante, ayant une morbidite basse et moins de deces prematures » est mise en oeuvre pas des mesures et des actions visant surtout a corriger l"orientation excessive vers les services hospitaliers au detriment des soins ambulatoires et communautaires.

          Le Ministere de la Santé et de la Famille a aussi une nouvelle strategie dans le domaine de la sante mentale. Les principes d’approche de la politique en sante mentale ont comme point de depart la resolution des Nations Unies sur la protection des personnes aux troubles mentaux. Ces personnes doivent être traitées avec plein respect de leur dignite, sans discrimination consecutive a leurs souffrance et, dans la mesure du possible, dans la communaute ou elles vivent. C’est pour cette raison que le Ministere de la Sante et de la Famille a soumis un projet de Loi sur « la promotion de la sante mentale et la protection des personnes aux troubles psychiques », visant justement a garantir l"application des principes des droits de l"homme dans le systeme des soins de sante mentale. Il nous faut preciser que les elements et les principes du projet de loi mentionne ont ete etablis avec l’aide d’une consultance techniques tres importance de l’OMS.

Une autre importante contribution technique que nous avons obtenu de l’OMS a été l’Evaluation de la Sante Mentale, au niveau naţional. L’Evaluation a eu plusieurs objectifs mais surtout l’estimation des services de sante mentale que nous avons et la facon dont ces services sont accordes.

Pour ameliorer les services de la sante mentale, la Roumanie a besoin des activites et des mesures coordonees que nous esseyerons d’appliquer dans un plan national de sante mentale. Nous nous avons proposes de finir ce plan a la fin de cette anne et de le structurer sur troix orientations majores :

la determination et l’evaluation du dimension reel du probleme

la reforme et et l’eficacite du system des services de sante mentae

des programmes integres, interdisciplinaires et intersectorielles pour la promotion de la sante mentale

Le medecin de famille roumain comme « gatekeeper » dans notre systeme de sante, doit etre implique de plus en plus. On va accorder une assitance speciale aux groupes vulnerables et a haut risque.

Cette annee, notre Ministere de la Sante et de la Famille coordonnera un project finance par la Banque Mondiale, sur la « Fondation du Centre de sante mentale ». Ce project pilot va etre developper avec des future resources financieres.

Dans le cadre des Programmes Nationaux de Sante Publique organises et finances par le Ministere de la Sante et de la Famille a été inclu le pragramme national de la sante mentale et prophylaxie dans la pathologie psychiatrique et psycho-social. Les objectifs principaux de ce projet sont la promotion et la maintient de l’état de sante mentale de la population.

La promotion de la santé mentale doit avoir en vue l’amélioration des conditions favorables à un développement psyco-social et aux habitudes de vie, l’adaptabilité sociale, le renforcement des institutions et des structures censées offrir de meilleures conditions de vie.

C’est ici aussi que la politique familiale du gouvernement de la Roumanie trouvera son champ d’action. Le programme de gouvernement présente trois directions principales d’action dans le domaine de la politique familiale. Je voudrais mentionner seulement les relations intrafamiliales et l’appui que le gouvernement veut accorder ou faciliter aux familles avec des besoins particuliers. Il s’agit de la création de tout un réseau d’offices d’assistance familiale destinés a soutenir et à renforcer la famille. A travers ces réseaux, nous avons pour objectif d’accorder des services de soutient des relations intra et inter familiales, ce qui inclut même une aide financière. Il est évident que les familles des personnes aux troubles mentaux nécessitent une assistance pour contribuer à la réinsertion sociale de ces patients et bien-sûr a leur destigmatisation . Dans ce sens, il est nécessiare d’organiser une campagne massive d’information de la population sur la maniere dont il faut aborder la problématique de la santé mentale.

Je dois avouer que l’année mondiale de la santé mentale et surtout la manière dans laquelle l’Organisation Mondiale de la Santé a decidé de l’aborder nous a apporté un remarcable soutient. Je voudrais aussi féliciter et surtout remercier madame le Directeur général, Gro Harlem Brutland, et le département de santé mentale pour avoir eu l’initiative de cette campagne de sensibilisation et pour la manière dont elle a été conduite. En Roumanie, nous avons ajouté au modèle de l’OMS une série de nouvelles initiatives, de telle manière que nous avons planifié, tout au long de cette année, plusieurs manifestations destinées a sensibiliser la population et les professionnels dans le domaine de la santé. En voila quelques unes: une conférence nationale des professionnels et des ONGs dans le domaine de la santé mentale, une conférence nationale sur la santé mentale, avec la participation des representants de la societé civile et des média, des émissions radio hebdomadaires dediées à la santé mentale pendant une période de six mois, un festival de théâtre ou les acteurs sont des bénéficiaires des services de santé mentale, des expositions des objets d’art crées par des bénéficiares de ces services. Toujours dans cette perspective de la sensibilisation, j’ai decidé de prendre dans la délégation de la Roumanie à l’Assemblée Mondiale un des enfants lauréats nationaux au concours de desseins lancé par l’OMS pour la journée mondiale de la santé.

J’espère que par ces actions nous pourrons réduire certains obstacles sur la voie de ce que nous appellons déjà la réforme des services de santé metale, étant convaincus que, parmis les principaux obstacles, se trouvent les anciennes mentalités et l’inertie. Comme vous le savez déjà, dans les pays en transition, tels que la Roumanie, la plus dificile réforme est et l’a été la réforme du domaines des hopitaux. C’est ici qu’on retrouve une grande partie des services de santé mentale. Tous les rapports, toutes les évaluations des experts contiennent la recommandation de réduire le nombre de lits d’hopital et de mettre l’accent sur les services ambulatoires et communautaires. Je peux vous dire que la mise en pratique d’une telle recommandation, même si elle est basé sur un modèle de succes dans un autre pays, est très difficile. Les obstacles viennent de partout, parfois même des structures desquelles on attendrait du soutient. Ce n’est pas rarement que des parlementaires bien-intentionnés soutenaient, dans leurs zones éléctorales, une serie d’hopitaux ou de services de santé auxquelles on aurait dû renoncer depuis longtemps, selon tous les critères d’économie sanitaire.

Certes, il y a beaucoup de solutions, mais ce qui est important, c’est d’en trouver les plus adaptées. Mais le manque d’information et de connaissance de la dimension réele du problème est, à notre avis, un des obstacles majeurs. Je félicite l’OMS pour avoir organisé ces tables rondes, qui, même si elles ne détruisent pas de murs, au moins elles les fissurent.


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