Statements

La 57ème session de la Commission des Droits de l'Homme

Intervention de S.E. Mme. Anda Cristina FILIP
Ambassadeur, Représentant Permanent de la Roumanie

Au point 6 de l'ordre de jour :
Racisme, discrimination raciale, xénophobie
et toutes les formes de discrimination
Genève, le 23 mars 2001

Monsieur le Président,

La délégation roumaine vous adresse ses félicitations les plus chaleureuses pour votre élection à la présidence de la session de la Commission et exprime sa pleine confiance dans le déroulement fructueux et constructif de ses travaux. Nos félicitations sont adressées également aux autres membres du bureau.

Monsieur le Président,

Comme c'est pour la première fois que je prend la parole à cette session de la Commission des Droits de l'Homme, permettez-moi de vous adresser nos félicitations les plus chaleureuses pour votre élection à la présidence de la 57-ème session de la Commission et d'exprimer notre pleine confiance dans le déroulement fructueux et constructif de ses travaux.

Mon pays s'est associé à la déclaration de la délégation de Suède, au nom de l'Union Européenne. En plus, je voudrais saisir cette occasion pour ajouter quelques considérations et réflexions de ma délégation, à ce sujet de si grande importance et actualité.

Monsieur le Président,

La Roumanie attache une grande importance à la promotion et au respect des droits de l'homme, à la coopération internationale dans ce domaine.

La promotion des droits de l'homme comme fondement d'une société démocratique réelle est devenue un élément essentiel de la politique de l'Etat roumain. Les citoyens roumains sont égaux devant la loi et devant les autorités publiques, sans privilèges et sans discriminations, cette égalité signifiant s'abstenir de ou prévenir toute discrimination, le respect de l'identité de chaque membre de la société.

L'élimination définitive des discriminations fondées sur la race, la couleur, l'ascendance, l'origine nationale ou ethnique et le combat de ce fléau reste un objectif essentiel, une tâche majeure de chaque Etat et de la communauté internationale, faisant nécessaires des actions vigoureuses et concertées.

Nous sommes malheureusement obligés de constater que ce phénomène de la discrimination raciale subsiste encore dans différents coins du monde, que dans certaines endroits il connaît même une extrême gravité.

Il y a, évidemment, plus de démocratie et de liberté dans le monde d'aujourd'hui, mais il y a encore de nombreuses manifestations de discrimination raciale, d'intolérance et de xénophobie. La communauté internationale et les Etats en sont devenus conscients et décidés à prendre des mesures pour incriminer et punir les actes les plus saillants.

En même temps, il est prouvé que la discrimination raciale, sous ses diverses formes, est une affaire qui concerne la société tout entière, que la justice et les sanctions ne peuvent pas enrayer à eux seuls.

Dans ces circonstances, au-delà des mesures punitives dictées par la justice, l'éducation approfondie et constante du respect de l'autre devrait occuper un rôle accru. Il s'agit non seulement de l'éducation du personnel qui a pour tâche la mise en œuvre et l'application des mesures législatives, juges, policiers, fonctionnaires des administrations nationales mais l'éducation de la population tout entière et notamment de la jeune génération.

Il s'agit d'une oeuvre de longue haleine, qui doit être réalisée avec détermination. Toutes les personnes doivent avoir les connaissances nécessaires pour exercer et défendre leur droits, pour comprendre que ces droits et libertés sont intimement liés au respect de la dignité inhérente de tous les membres de la famille humaine, que la démocratie ne peut pas exister sans une population qui ait la capacité d'imposer et défendre ces valeurs.

Un rôle significatif revient également aux organisations civiques nationales, aux ONG internationales qui devraient s'atteler avec courage à des activités permanentes pour promouvoir et soutenir l'éducation de diverses couches de la population dans l'esprit de la tolérance et de la non-discrimination.

Il n'est pas besoin de souligner l'importance de l'information pour faire disparaître les discriminations raciales dans ce siècle de l'informatique et de la mondialisation.

Il importe que les journalistes eux-mêmes, les moyens de communication et les structures gouvernementales réagissent et trouvent les moyens les plus appropriés pour faire disparaître les messages racistes, les incitations à la discrimination et à l'intolérance. La liberté d'expression de quelques-uns ne devrait pas avoir priorité sur la dignité des autres, sur la paix sociale et la paix tout court. Les organes de travail créés par des traités ont depuis long temps démontré qu'il n'y a pas de contradictions entre la liberté d'expression et l'interdiction de la propagande raciste, de l'incitation à la haine et violence.

Monsieur le Président,

En Roumanie, la lutte contre les actes de discriminations raciales constitue l'objet de plusieurs dispositions constitutionnelles et des différentes lois, ainsi que de la législation pénale.

Ces dernières années, les autorités ainsi que la société civile ont constamment agit a fin de prévenir et combattre toute forme de discrimination raciale, de xénophobie et d'intolérance, pour créer les conditions nécessaires d'une large diffusion, au sein de la société roumaine, des valeurs démocratiques et des droits de l'homme, de l'esprit de tolérance et de compréhension. La promotion de ces objectifs a constitué le thème du colloque international contre le racisme, la xénophobie et l'intolérance et des trois séminaires nationaux organisés à Bucarest durant l'année 2000. Des mesures spécifiques ont été prises au niveau du système éducationnel visant la jeunesse à tous les niveaux, ainsi que le personnel des institutions chargées d'assurer d'application des normes des lois et des traités internationaux relatifs aux droits de l'homme.

L'Institut roumain pour les droits de l'homme mène une véritable campagne visant l'information, la sensibilisation et l'éducation de la population contre toute action raciste, xénophobe, d'intolérance.

Cette campagne s'est concrétisée par la publication et la diffusion large des instruments internationaux, par des caravanes des droits de l'homme organisées en coopération avec d'autres ONG.

Dans le domaine de l'enseignement, on organise chaque année des concours nationaux ayant comme thème la culture civique, ainsi qu'un concours national " Démocratie et tolérance ".

En bref, c'est un exercise continuu, que nous devons poursuivre, ensemble, avec persévérence, dédication et éenergie.

Mr. Chairman,

In connection to this, I would take a moment to turn to the presentation made yesterday by the special rapporteur on contemporary forms of racism, racial discrimination and related intolerance and the reference - very pertinent, in fact - to the rise of the extreme right in Romania, as reflected by the results of the general elections that were held at the end of last year.

I would just take this opportunity to recall, once again, the close inter-relation between civil and political rights, on the one hand, and economic, social and cultural rights, on the other. As we have witnessed in many democracies, popular dissatisfaction with the results of economic and social policies can lead to drastic sanctioning by citizens at the voting sections. In my own country, delays in seeing expected results of economic reform and the heavy social consequences of transition led to the apparent attractiveness of populist and at times extremist electoral messages, widely disseminated through certain publications and mass media, messages promising simple and swift solutions to evidently complex challenges.

Now, three months later, the sharp drop of support for such extremist rhetoric - as evidenced by opinion polls - shows, I believe, how relative this popularity really is. "Romania Mare" is an opposition party, but the fact that it holds an important position in Parliament today remains a hard reality.

Monsieur le Président,

La prochaine Conférence mondiale contre le racisme sera un moment fort important dans le combat contre ce fléau, un signal, pour citer Mme le Ministre des Affaires Etrangères de la Suède, que le racisme et la discrimination raciale n'ont pas de place dans nos sociétés.

Nous attendons tous qu'elle ait un impact réel sur la situation, en assurant une prise de conscience générale et plus nette à la gravité de divers aspects de la discrimination raciale et de la nécessité d'agir autant sur les effets que sur les causes. Elle devra, également, favoriser un meilleur fonctionnement des organismes internationaux ayant des taches dans ce domaine, une meilleure coopération entre ces mécanismes et les Etats.

J'aimerais mentionner que ces jours, à Bucarest, a lieu un symposium national, qui examine natamment les problèmes qui figure sur l'agenda de la Conférence mondiale sur le racisme. Dans ce contexte, en coopération avec les autres pays, la Roumanie est prete à apporter sa propre contribution à la préparation et de déroulement avec succes de la Conférence mondiale à Durban.

Je vous remercie.


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